Facture électronique

Plateforme agréée : à quoi elle sert, comment la choisir

Une plateforme agréée est l’opérateur, immatriculé par l’administration fiscale, qui fait circuler vos factures électroniques et transmet certaines de leurs données au fisc. Toute entreprise doit en choisir une : le choix est libre, se change à tout moment et se fait sur l’usage.

Qu’est-ce qu’une plateforme agréée ?

C’est un opérateur de dématérialisation immatriculé par l’administration fiscale, pour trois ans renouvelables. Un service de la DGFiP instruit les candidatures. L’opérateur doit prouver sa conformité fiscale et la sécurité de ses infrastructures. Il doit aussi démontrer son interopérabilité avec le portail public de facturation et avec les autres opérateurs. L’immatriculation définitive n’arrive qu’après des tests en conditions réelles.

On les a longtemps appelées PDP, pour « plateformes de dématérialisation partenaires ». Le sigle se retrouve encore dans les adresses du site des impôts.

À quoi sert une plateforme agréée ?

Selon la page de l’administration fiscale, elle a quatre rôles :

  • faire circuler vos factures, à l’émission comme à la réception, en les convertissant au besoin dans un format qui convient au destinataire ;
  • transmettre à l’administration certaines données de chaque facture : identité du fournisseur et du client, montant hors taxes, taux et montant de TVA ;
  • transmettre les données des ventes qui ne donnent pas lieu à une facture dématérialisée, celles faites à des particuliers par exemple ;
  • transmettre les données de paiement, quand la TVA est due à l’encaissement.

C’est aussi elle qui vous déclare dans l’annuaire central. Vos fournisseurs y trouvent l’adresse à laquelle vous envoyer leurs factures.

Qui doit en avoir une, et pour quand ?

Toute entreprise assujettie à la TVA, artisans et micro-entrepreneurs compris. La réception est obligatoire depuis le 1er septembre 2026 : il faut donc déjà un opérateur pour recevoir. L’émission suivra au 1er septembre 2027 pour les PME, selon la fiche 3 de la DGFiP. Le calendrier complet fait l’objet d’un article lié en bas de page.

Plateforme agréée ou solution compatible ?

Votre logiciel de facturation n’a pas besoin d’être lui-même agréé. Il peut être une « solution compatible ». La DGFiP pose deux conditions cumulées : offrir les fonctions attendues par la réforme, et être connecté à au moins un opérateur agréé. Seul cet opérateur a le droit de transmettre vos factures à celui de votre client, et de recevoir les vôtres.

Ce que la réglementation vous laisse libre de faire

  • Choisir un ou plusieurs opérateurs, librement : c’est une décision de gestion.
  • En changer à tout moment.
  • Séparer les usages : un opérateur pour recevoir, un autre pour émettre, un autre encore pour l’e-reporting.
  • Refuser une facture reçue, en motivant le refus, si vous n’en êtes pas le destinataire. Pour un désaccord sur le contenu, des statuts de litige préviennent le fournisseur.

Pour la réception, vous signez un accord formel avec l’opérateur qui vous représente dans l’annuaire.

Que risque une entreprise sans plateforme agréée ?

Une amende, après un avertissement. Depuis la loi de finances pour 2026, l’entreprise reçoit d’abord une mise en demeure, détaille Service-public.fr. Trois mois plus tard, sans régularisation, une amende de 500 € est prononcée. Si le manquement persiste, l’amende passe à 1 000 €. Elle revient ensuite tous les trois mois.

Les autres manquements ont leur propre tarif. Une facture envoyée en simple PDF, alors qu’elle devait passer par une plateforme, coûte 50 €. Une transmission de données manquante coûte 500 €. Chacune de ces deux amendes est plafonnée à 15 000 € par année civile.

Comment choisir sa plateforme agréée ?

Un opérateur immatriculé remplit par définition les obligations de la réforme. Ce qui les distingue, c’est l’usage. Six questions à poser :

  1. Figure-t-il sur la liste officielle ? L’administration publie deux listes : les opérateurs immatriculés, et ceux dont le dossier est complet mais qui attendent la fin de leurs tests. Vérifiez dans laquelle se trouve celui qu’on vous propose.
  2. Est-il raccordé à votre logiciel de facturation ? Sans ce raccordement, vous ressaisirez vos factures sur son site.
  3. Que coûte-t-il, et comment ? Abonnement, prix au volume, frais de mise en route : comparez sur votre nombre réel de factures par mois.
  4. Prend-il en charge vos clients publics ? Pour une mairie, la cible de la réforme est un opérateur agréé raccordé à Chorus Pro, qui reste le portail des entités publiques. Le dépôt direct sur Chorus Pro reste possible, à titre provisoire.
  5. Gère-t-il l’e-reporting de paiement ? Dans le bâtiment, la TVA des travaux est en principe due à l’encaissement. Les encaissements devront donc être transmis.
  6. Que voyez-vous du cycle de vie des factures ? Déposée, reçue, refusée, en litige, encaissée : ces statuts doivent être lisibles sans chercher.

Questions sur la plateforme agréée

Est-ce que la plateforme agréée est obligatoire ?

Oui. Depuis le 1er septembre 2026, toute entreprise assujettie à la TVA doit pouvoir recevoir les factures dématérialisées de ses fournisseurs, ce qui suppose d’avoir choisi une plateforme. Elle servira aussi à émettre, au 1er septembre 2027 pour les PME. Sans plateforme, l’entreprise reçoit une mise en demeure, puis une amende de 500 € trois mois plus tard.

Peut-on changer de plateforme agréée ?

Oui, à tout moment. Le choix d’une plateforme est une décision de gestion, libre et révocable. Une entreprise peut aussi en utiliser plusieurs : une pour recevoir, une autre pour émettre, une autre encore pour l’e-reporting. Celle qui la représente dans l’annuaire central est celle avec laquelle elle a signé l’accord de réception.

Quelle différence entre une PDP et une plateforme agréée ?

Aucune. PDP, pour « plateforme de dématérialisation partenaire », est l’ancien nom des plateformes agréées. Le sigle se retrouve encore dans les adresses du site des impôts. Dans les deux cas, il s’agit d’un opérateur immatriculé par l’administration fiscale pour trois ans renouvelables, après des tests en conditions réelles.

Un logiciel de facturation doit-il être une plateforme agréée ?

Non. Un logiciel de facturation peut rester une « solution compatible », à deux conditions cumulées posées par la DGFiP. Il doit offrir les fonctions attendues par la réforme, et être connecté à au moins une plateforme. Seule la plateforme transmet vos factures à celle de votre client et reçoit celles de vos fournisseurs.

Comment vérifier qu’une plateforme est bien agréée ?

En consultant la liste officielle publiée sur impots.gouv.fr. L’administration y distingue deux catégories : les opérateurs immatriculés, et ceux dont le dossier est complet mais qui terminent leurs tests en conditions réelles. Vérifiez dans laquelle figure l’opérateur qu’on vous propose avant de signer, et notez la date de mise à jour de la liste.

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